Témoignage de mme X auprès de la députée Marie-Louise Fort pour la mission d'information sur l'inceste:
Je témoigne anonymement car le dossier est en cours.
Je suis suivie par Innocence en danger Toulouse et mes filles par l'Enfant Bleu Toulouse.
Février 2006:J'ai quitté mon mari avec mes filles de 2 et 5 ans après qu'il m'ait menacé de mort.
Il a été très violent à de nombreuses reprises mais va toujours porter plainte avant moi et tout est classé sans suite.
Mars 2006:Mes filles hurlaient pour ne pas aller chez leur père, ne dormaient plus la nuit, se cachaient sous la table au moindre bruit, passaient leur temps à se laver.
Novembre 2006: La petite commence un suivi psychologique . Elle fait des dessins d'étranglement et nomme son père qui "veut la faire morte" .
Elle raconte à l' Unité Hospitalière de l'enfance en détresse que son père lui pince le sexe et lui met le doigt dans les fesses.
3 signalements.
Placement de ma fille chez moi.
Hospitalisation 1 semaine.
Enquète pénale classée sans suite, tandis que tous les bilans psy s'accordent sur la réalité du traumatisme subi ayant un lien avec le père, sans trouble dans la relation mère enfant.
Le père et sa mère brandissaient à tous les professionnels un manuel de 50 pages, prouvant que j'avais le Syndrome d'Aliénation Parentale.( cf rapport de Mme Versini!)
2007 /2008: Suspension des visites de la petite chez le père puis reprise du droit de visite du JAF( En présence de sa mère, TOUS les mercredis après midi et un W.E. sur deux la journée.)
5 demandes de point rencontre par les différent professionnels en deux ans: éducateurs, psychiatre, expert social, enquète pénale...
Témoignage de professionnels neutres(institutrice, éducateur, psychologue) de la peur de mes filles de leur père, de leur demande à être toujours accompagnée quand elles sont avec lui.
Témoignages des violences du père dans les lieux d'activité des filles, qui les a obligé à interrompre ces activités.
Demande de l'expert psychiatre à ce que le père prouve qu'il prend quotidiennement ses neuroleptiques pour pouvoir s'occuper de ses filles. Le père a donné la preuve contraire.( Il a été 6mois à l'hôpital psychiatrique et est traité par neuroleptique depuis 16 ans)
A ce jour:
Rien n'a jamais été fait pour la grande. Le fait que le père l'emmène à la gendarmerie pour porter plainte contre sa mère pour qu'elle aille en prison, ou autres violences morales n'étant pas considéré.
La petite a été frappée au front par le père, c'est le père qui a porté plainte contre moi en tirant de force la petite qui hurlait car elle ne voulait pas faire de faux témoignage aux gendarmes.
Mes deux filles demandent à ne plus voir leur père, cauchemardent quotidiennement de celui ci.
La petite a conclu il y a 1 semaine: j'espère que ce soir papa va nous garder de force, comme ça les gendarmes le mettront en prison et on n'ira plus chez lui.
Elle a 5 ans.
J'aurais espéré qu'elle ait une vision moins réaliste de la justice.
TOUS LES EXPERTS S'ACCORDENT SUR LE FAIT QUE LA PAROLE DES ENFANTS N'EST PAS INDUITE PAR LA MERE
SUR LA REALITE DE TRAUMATISMES GRAVES EN LIEN DIRECT AVEC LE PERE
POURTANT LA DEMANDE DE PROTECTION DES ENFANTS N'EST PAS ENTENDUE
Faites quelque chose pour que les enfants puissent etre protégées de leur père meme si les violences subies n'ont pas laissé de traces.
Pour que la parole des enfants puisse etre entendue lorsqu'il est prouvé qu'elle est habitée et non induite par un tiers(je reprends les termes des expertises de mes filles)
Et puis ,si vous pouvez faire quelque chose pour mes filles..
Je depend juridiquement de Toulouse
Merci de ce que vous ferez pour nous tous.
Témoignages sur la soirée du 28 Octobre 2008 sur le thème:
De l’enfant victime d’agression sexuelle a sa reconstruction et si c’était un problème de santé publique ?
Témoignage de Evie:
" Bénévole à l’association depuis mi-octobre à « Innocence en danger », une ½ journée par semaine, j’ai participé à la soirée débat, mais je n’ai pu intervenir, préférant écouter les intervenants et ressentir les témoignages apportés par le public.
Moi-même, j’ai été une enfant et adolescente abusée par mon géniteur.
Sortie depuis deux ans de ma prison incestueuse après diverses thérapies, je me suis engagée dans cette association pour porter mon soutien dans tout ce qui peu être entrepris pour aider les victimes et surtout pour empêcher aux agresseurs d’agresser.
Lors de cette soirée débat, beaucoup de choses ont été dites, mais aucunes qui ne permettent de dire que les victimes soient vraiment reconnues lors de leur première démarche, en portant plainte auprès de la police ou autres.
Pourtant cette démarche est la plus importante de toutes, c’est le déclencheur qui permet de réaliser, petit à petit, au fond de soi, que ce que l’on a vécu est grave.
Les émotions ne s’inventent pas lorsque nous avons souffert ou souffrons, alors pourquoi poser tant de questions lors de la première plainte? Celles-ci sèment le doute et font peur aux victimes, d’où souvent la rétractation.
Ce sujet fait encore peur à beaucoup de personnes ! Pourtant je sais que les choses avancent. "
Nouvelle de Sophie AINARDI
INCESTE
Mélina est née il y a six ans, c’est la cadette d’une famille de quatre enfants, elle a deux frères et une sœur. Elle va à l’école, à trois kilomètres de la maison. C’est une petite élève qui fait le bonheur de son institutrice : Enfant sage, attentionnée mais pas très expansive.
Un jour, sa maîtresse, Madame Barth, lui a demandé de rester quelques instants après le départ des autres enfants. Elle trouvait la petite fille d’une tristesse accablante, toujours seule dans la cour de récréation, assise dans un coin, regardant les autres enfants rire et s’amuser. Ses dessins ont également attiré l’attention de l’institutrice.
- Mélina, as-tu un problème chez toi ? Je te trouve triste, et tes dessins me le prouvent. Que se passe-t-il ? Tu peux te confier à moi, je peux peut-être t’aider.
Mélina avait regardé sa maîtresse dans les yeux et fait non de la tête. Elle ne pouvait pas, son père lui avait fait jurer de ne rien dire parce que, si elle révélait leur secret, elle se retrouverait seule, et son cher papa qu’elle aimait serait très malheureux. L’enfant avait regardé l’institutrice, des larmes plein les yeux, puis elle avait haussé les épaules, et elle s’était sauvée, tête baissée, comme si elle était coupable d’avoir entendu les mots prononcés .
Madame Barth, devant le mutisme et l’attitude de l’enfant, avait cessé de l’interroger. Elle n’en tirerait rien, mais ce que la petite dessinait devenait angoissant et inquiétant, elle se devait d’en parler à la mère.
Un soir, Mélina donne un mot de son institutrice à sa maman.
- Ta maîtresse veut me parler, tiens, pourquoi ? Tu as fait des bêtises ma fille ?
Mélina secoue la tête de droite à gauche, sans répondre. Elle monte dans sa chambre la gorge nouée, range ses affaires avant de redescendre prendre le goûter que sa mère à préparé. Elle regarde les dessins animés à la télévision, c’est sa petite récréation avant les devoirs. Ses deux frères et sa sœur, âgés de treize, quinze et seize ans sont dans leur chambre.
Elle entend son père garer la voiture. Son cœur bat un peu plus vite. Il entre, embrasse sa femme et dépose un baiser dans les cheveux de sa fille. La petite sourit à son père et se concentre sur les images qui défilent sur l’écran.
Un peu plus tard elle rejoint son domaine pour faire ses pages d’écritures et apprendre sa récitation. C’est une jolie chambre, décorée avec goût.. Sur un mur quelques posters de Walt Disney. Un lit douillet que protège une moustiquaire rose, une commode, un chevet, un petit bureau meublent agréablement la pièce.
La petite fille à terminé. L’heure du repas arrive. Elle passe dans la salle de bains, et pendant qu’elle se lave les mains, Eloïse, sa grande sœur entre à son tour.
- Mélina, parle moi s’il te plaît, pourquoi es-tu si triste, dis-moi ce qu’il se passe.
La petite fille fait non de la tête et sort de la salle de bains. Eloïse a soudain une terrible angoisse. Et si sa petite sœur … ? Non, impossible !
La famille est assise autour de la table ronde de la salle à manger. Le repas est animé par les discussions des garçons. Mélina voudrait être grande aussi, elle serait heureuse, comme ses frères. Elle aime sa famille, très fort, mais elle voudrait s’en aller, surtout la nuit. Elle a peur de la nuit, elle n’aime pas la nuit
Le repas se termine. Les garçons vont regarder un DVD dans leur chambre, la grande sœur va dormir chez une copine. Papa et maman vont sans doute regarder un film au salon. Mélina embrasse sa mère qui est en train de préparer le café et dit bonsoir à son père qui regarde la fin des informations.
- Bonne nuit ma petite Mélina. Je viendrai te faire un petit bisou plus tard, va vite.
Mélina monte dans sa chambre à pas pesants. Elle aurait envie de rester en bas, près de sa mère, ne pas la quitter, se blottir contre elle, mais ce n’est pas possible, c’est l’heure d’aller dormir. Dormir, elle ne le peut pas. Elle se recroqueville dans son lit, à l’écoute de tous les bruits de la maison. Il est tard. Elle entend ses parents qui montent se coucher. C’est le silence dans la maison. Dehors le vent s’est levé et mugit contre les persiennes de sa chambre. Ses yeux se ferment .
Tout à coup elle entend des pas dans le couloir qui s’arrêtent devant sa porte. La poignée tourne doucement. La haute silhouette de son père s’encadre dans l’embrasure. Il referme la porte sans bruit et s’approche du lit.
- Petite Mélina, ma chérie, c’est papa, tu me fais une petite place ? Dors mon ange, je viens te faire un câlin comme promis.
L’enfant se pousse pour laisser son père s’allonger à côté d’elle. Il lui caresse doucement le visage avant de déboutonner sa chemise de nuit. Ses mains caressent le petit corps.
- Non papa, non, je ne veux pas, tu me fais mal, pourquoi tu me fais mal ? Tu dis que tu m’aimes et tu me fais mal.
- Chut, doucement ma chérie. Je ne te fais pas mal, je te caresse parce que je t’aime, tous les papas caressent leur petite fille. Mais tu sais que c’est notre secret, il ne faut rien dire à personne sinon on nous séparerait, et plus personne ne t’aimerait, maman te haïrait, tes frères et ta sœur te détesteraient parce qu’ils seraient jaloux d’apprendre que l’on s’aime si fort, toi et moi. Tu comprends ? Allez, mon ange, caresses papa pour lui montrer combien tu l’aimes.
Plus tard, le père sort doucement de la chambre de sa petite fille et retourne auprès de sa femme..
La fillette sanglote. Elle a mal, mais elle aime son père et elle pense que toutes les petites filles souffrent comme elle parce qu’elles aiment leur papa. Mais elle sont plus fortes parce qu’elles jouent dans la cour, elles rient, elles chantent. Mélina ne le peut pas, elle a peur, peur que l’on devine son secret et qu’elle se retrouve seule, abandonnée de tous, montrée du doigt.
Le lendemain matin le petit déjeuner, pris en famille, est joyeux, comme tous les jours. Le père embrasse tendrement sa femme, ses fils et dépose un baiser sur le front de sa fille avant de partir au travail.
Mélina et sa mère arrivent à l’école. Elles se rendent directement au bureau de l’institutrice qui les attend, puis Mélina suit une jeune assistante dans la salle de jeux.
- Bonjour madame Bilord, merci d’être venue. Je voudrais vous parler du comportement de Mélina. Il m’inquiète, votre fille est très intelligente et ses devoirs sont toujours faits avec sérieux, mais elle est triste, trop triste. Elle est toujours seule à la récréation et ne se lie avec aucune de ses camarades de classe. Et je voudrais vous montrer ses dessins…
La mère regarde les dessins que lui tend l’institutrice, mais rien ne la trouble. Elle secoue la tête.
- Madame Bilord, est-ce que tout va bien dans votre famille, n’avez-vous rien remarqué d’anormal ?
- Veuillez préciser le fond de votre pensée s’il vous plaît, répond la mère.
- Ce que j’essaie de vous faire comprendre c’est que votre petite Mélina n’a pas le comportement normal d’une enfant de son âge. Peut-être devriez-vous lui parler, elle se confiera à sa maman, sans doute. Moi elle n’a rien voulu me dire.
Madame Bilord ne veut pas le montrer, mais elle commence à ressentir une certaine gène, une inquiétude, un sentiment bizarre. Elle prend congé de l’institutrice, récupère Mélina et quitte l’école presque en courant.
Le retour se fait dans le silence. De temps à autre, madame Bilord jette un regard furtif à sa petite fille assise à l’arrière de la voiture. L’enfant à les yeux dans le vague, son petit visage est triste.
Inconsciemment la mère de Mélina imagine des hypothèses plus terribles les unes que les autres. Elle veut les chasser de son esprit.
- Non, non, la maîtresse se trompe se dit-elle tout bas. Notre famille est heureuse, les garçons respirent la joie de vivre ; ma grande me pose un problème bien sûr, mais elle a toujours été ainsi, depuis qu’elle à cinq ans. Mon travail prenant, les travaux ménagers, la venue au monde de Mélina ont fait que je n’ai pas accordé assez d’attention au comportement de mon aînée Je m’en veux. Leur père est un homme bien, attentionné, aimant. Mélina a peut-être un problème psychologique, je vais chercher un bon spécialiste. D’ailleurs j’aurais dû faire la même chose avec Eloïse. Ce soir je vais en parler à Pierre pour savoir ce qu’il en pense.
Le dîner est prêt, tout le monde passe à table.
- Alors, demande Pierre, que voulait la maîtresse de notre petite Mélina ?
- Elle m’a fait des éloges de notre enfant, répond la mère, mais elle est inquiète de son comportement qui ne lui semble pas normal pour une enfant de son âge. Il paraît qu’elle est toujours seule, qu’elle ne se joint jamais aux jeux de ses petits camarades.
- Mais, s’étonne le Père, Mélina est très bien, de quoi se mêle l’institutrice ? Qu’elle s’occupe de faire sa classe. Pour le reste, ça ne regarde que nous.
- Justement, à ce propos, j’ai pensé qu’il serait bien que Mélina rencontre un psy, peut-être trouvera-t-il ce qui ne va pas chez notre petite, pourquoi elle est toujours triste.
- Un psychothérapeute, et puis quoi encore, s’insurge le père ! Tu ne vas pas obliger cette enfant à supporter les questions d’un étranger, ce sera bien pire ensuite. Non, nous allons prévoir des petites vacances au bord de la mer, nous ferons de grandes promenades, le grand air lui fera beaucoup de bien. En attendant, prenons le repas que tu nous as préparé.
Les garçons, affamés comme d’habitude, sont les premiers à se servir. Eloïse regarde sa petite sœur, pousse un gros soupir, jette un œil furtif à son père et se mord la lèvre pour ne pas hurler.
- Tu ne manges pas Eloïse, demande la mère ?
- Je n’ai pas faim maman, répond la jeune fille.
Le repas se termine. Les garçons ont raconté leur journée au lycée, le père et la mère ont parlé de leur travail. Seules, Eloïse et Mélina n’ont pas dit un mot.
Le père file dans le salon comme d’habitude pour regarder les informations du soir. Madame Bilord, aidé de ses enfants, débarrasse la table. Puis Jérémie, Fabien et Mélina montent dans leur chambre. Soudain Eloïse attrape le bras de sa mère, l’oblige à s’asseoir en face d’elle.
- Maman, dit la jeune fille avec des sanglots refoulés, je n’en peux plus, je n’en peux plus...
Madame Bilord ne comprend rien à l’attitude de sa fille. Cela ne lui ressemble pas.
- Tu n’en peux plus ? Tu n’en peux plus de quoi ?
Eloïse se tait un long moment, puis :
- Oh, maman, je n’oserai jamais.
Madame Bilord prend sa fille dans ses bras et lui parle doucement à l’oreille. Peu à peu, Eloïse reprend confiance et enfin, elle se livre :
- Je n’ai plus le droit de me taire, maman. J’ai voulu croire qu’il ne reproduirait pas sur ma petite sœur ce qu’IL m’a fait subir pendant douze ans. Mais ce soir, en la regardant plus attentivement, et après les propos de l’institutrice, j’ai compris qu’IL avait osé le faire.
- Qui, IL ?… Tu me fais peur ma chérie. Que veux-tu me faire comprendre ? Que se passe t- il dans cette maison que je n’ai pas su voir ?
- Maman, oh maman, répond Eloïse dans un sanglot, c’est …c’est …papa
Madame Bilord se refuse à croire ce que déjà elle a compris .
- Tu ne te rends pas compte de ce que tu dis !
- Oh si, maman ! Mais laisse-moi parler, je veux, je dois le faire maintenant. C’est trop difficile maman, ça fait trop mal. Mais il faut que ça s’arrête,. Mélina est si petite, si fragile… Papa a abusé de moi à l’âge de cinq ans et cela a duré douze années maman, douze années et… et maintenant… c’est au tour de ma petite sœur. Il faut arrêter ça, maman, je t’en supplie !
Eloïse ne retient plus ses larmes. Madame Bilord, qui s’était levée, est obligée de s’agripper au rebord de l’évier pour ne pas tomber. Tout s’écroule autour d’elle. Elle regarde sa grande fille comme si elle la voyait pour la première fois. Comment est-il possible qu’elle ne se soit rendue compte de rien ? Comment a-t-elle pu laisser faire de telles horreurs sur ses filles ? Elle se sent souillée, meurtrie, humiliée. Comment l’homme qui partage sa vie depuis plus de vingt ans, qui lui fait l’amour, qui la chérit, a-t-il pu abuser de sa grande et maintenant de sa petite ? Elle est horrifiée, effondrée. Et il est en train de regarder tranquillement la télévision. Elle vomit.
Madame Bilord s’approche d’Eloïse, la prend dans ses bras, la serre très fort.
- Pardon mon petit, pardon de n’avoir rien vu, si tu savais comme je suis malheureuse et comme j’ai honte Puis elle se dirige vers le téléphone, prend le combiné, compose un numéro, puis deux, puis trois.
La police, une assistante sociale, un avocat et un médecin se sont précipités à la maison.
Deux heures plus tard, lorsque les policiers mettent les menottes au père, il ne proteste pas.
Mélina regarde son papa. Elle pleure en silence, puis un grand soupir soulève sa petite poitrine.
Elle l’aime, son papa, elle l’aime, mais … cette nuit et toutes les autres nuits elle pourra dormir sans crainte.